![]() |
| Bentley Continental GT (2009) - Source : www.topcarrating.com |
jeudi 11 décembre 2014
L'Auto selon Cloclo
Il y a quelques semaines, pour égayer une longue journée
pluvieuse, j’ai regardé Cloclo, de Florent Emilio Siri, qui m’a plusieurs fois été conseillé depuis sa sortie en 2012.
Le film - que j’ai par ailleurs trouvé très réussi - réjouira les amateurs de
belles autos, intelligemment choisies et mises en valeur.
Je vous propose donc aujourd’hui de faire un simple - mais
j’espère instructif - inventaire des nombreux modèles mis à l’écran, en
essayant toutefois de replacer leur apparition dans leur contexte.
Le film s’ouvre en Egypte, où naquit et grandit Claude
François dans les années 40. On y découvre son père, Aimé François, au volant
d’une Auburn 852 Speedster, signant le statut social d’un chef du trafic du
Canal de Suez :
![]() |
| Auburn 852 Speedster (1936) |
Expulsée d’Egypte en 1956, la famille François s’installe à Monaco. L’occasion de jolis plans ensoleillés :
![]() |
| Renault 4CV (1955) et Citroën Traction Avant 11B (1953) |
![]() |
| Ford Thunderbird (1957) |
![]() |
| Jaguar XK 140 (1955) et Porsche 718 RSK Spyder (1957) |
Fasciné par celle qu’on appelait encore « l’Amérique » et par ses crooners, le jeune Claude, alors percussionniste, s’achète comme première voiture la colossale Chrysler Windsor :
![]() |
| Chrysler Windsor (1946) |
En 1961, Claude François, alors âgé de 22 ans, déménage à Paris dans l’espoir de lancer sa carrière de chanteur. Comme très souvent dans le film, la scène est introduite par un plan sur une voiture s’arrêtant. C’est ici une Peugeot 404, arrivant aux pieds de la Tour Eiffel, qui ouvre cette première scène parisienne :
![]() |
| Peugeot 404 (1960) |
Sur ce plan qui évoque le Nighthawks d'Edward Hopper, une Opel Kapitan, garée derrière une Peugeot 404 :
![]() |
| Peugeot 404 (1960) et Opel Kapitan (1960) |
Un an plus tard, le succès de Belles ! Belles ! Belles ! lance définitivement la carrière de Claude François. Ne cachant pas son goût pour les voitures de luxe, il commence par s’offrir cette superbe Ferrari 250 GTE :
![]() |
| Ferrari 250 GTE (1960) - Avant |
![]() |
| Ferrari 250 GTE (1960) - Arrière |
Au passage, la tenue de "Claude" - puisque c’est ainsi qu’il faut l’appeler - m’amuse. Excessivement soignée et spécifiquement étudiée, je la trouverais presque insolente. Je reviendrai dans un prochain billet sur « le style automobile ».
Sur le plan suivant, l’interminable Mercedes-Benz 600, offerte
par Claude à sa mère :
![]() |
| Mercedes-Benz 600 (1963) |
En ouverture de la scène suivante, cette Mercury Cougar, également acquise par Claude François :
![]() |
| Mercury Cougar (1967) |
Quelques secondes plus tard, sur le parking : une Ghia 1500 GT rouge, deux Peugeot 404 et un Renault Goélette :
![]() |
| Ghia 1500 GT (1962), Peugeot 404 et Renault Goélette |
Plus tard, encore en ouverture de scène, on retrouve Claude François descendant d’une Opel Kapitan - garée ici à côté d’une Volvo 121- et, un peu plus loin, d’une Ford Thunderbird :
![]() |
| Volvo 121 (1965) et Opel Kapitan (1960) |
![]() |
| Ford Thunderbird (1966) |
Les tournées s’enchaînent, les femmes se succèdent, et la collection de voitures de Claude s'agrandit . Nous sommes en 1967, et nous le retrouvons ici au volant d’une Ford Mustang, poursuivant sa future compagne Isabelle Forêt, au volant d’une Fiat 500 F :
![]() |
| Ford Mustang (1967) |
![]() |
| Fiat 500 F (1965) |
Au passage, cette séquence témoigne de la grande qualité des décors du film ; sur ce long plan « caméra embarquée » qui s’étend sur trois rues, le paysage automobile, bien qu’au second plan, est reconstitué avec le plus grand soin.
A l’approche des années 70, les voitures de Claude,
tout comme ses costumes, commencent à prendre des couleurs. Le voici ici au
volant d’une Maserati Ghibli :
![]() |
| Maserati Ghibli (1967) |
Quelques scènes plus tard, le chanteur est victime - acteur ? - d’un malaise sur scène. Il est emmené à l’hôpital par la célèbre DS 19 ambulance :
![]() |
| Citroën DS 19 Ambulance (1968) |
Nous voici en 1972. Le style de Claude François a bien changé, mais son goût pour les voitures américaines est intact. Dans une succession de plans tournés sur le Boulevard Exelmans - dont la restitution m’impressionne -, nous le retrouvons à bord de cette Oldsmobile Cutlass Supreme :
![]() |
| Oldsmobile Cutlass Supreme (1972) |
Un peu plus loin - et toujours en ouverture de scène - descendant de sa Cadillac Seville :
![]() |
| Cadillac Seville (1976) et Citroën DS 21 (1972) |
![]() |
| Honda N600 (1967) et Cadillac Seville (1976) |
Tiens, n’est-ce pas une Mini Cooper actuelle que j’aperçois là-bas, garée dans le virage ? Si tel est le cas, on pardonnera bien sûr le responsable de cette insignifiante erreur.
C’est en revanche une authentique Mini d’époque - une
Countryman MKII - qui est à l'écran quelques
scènes plus tard :
![]() |
| Citroën DS 19 (1959) et Austin Mini Countryman MKII (1968) |
La scène de la perquisition - dont fut victime l'artiste-producteur en 1973 pour des soupçons de fraude fiscale - s’ouvre sur l’arrivée des huissiers dans une Renault 16. Juste devant, le Renault Estafette 800 du serrurier :
![]() |
| Renault 16 (1971) et Renault Estafette 800 (1973) |
Sur ce plan furtif, Claude descend d’une Lincoln Continental Mark IV :
![]() |
| Lincoln Continental Mark IV (1975) |
Un peu plus loin, c’est à bord d’une anglaise qu’il monte ; une Daimler Sovereign Coupé :
![]() |
| Daimler Sovereign Coupé (1975) |
Le 25 Juin 1977, au volant d’une Mercedes 450 SEL 6.9, Claude François fut pris en chasse – avant d’être pris pour cible - par une autre voiture pour une histoire de queue de poisson. Les malfaiteurs sont ici représentés à bord d’une Citroën CX :
![]() |
| Citroën CX (1974) et Mercedes 450 SEL 6.9 (1975) |
Sur ce plan, une Mercedes-Benz SLC :
![]() |
| Mercedes-Benz SLC (1973) |
Sur celui-ci, deux Citroën, une GS et une SM :
![]() |
| Citroën GS (1971) et Citroën SM (1971) |
Le 10 Mars 1978, Claude François s’éteint. Le film s’achève sur les images – réelles – de son enterrement. En son hommage, c’est un cortège de voitures américaines qui l’accompagne jusqu’au cimetière de Dannemois :
![]() |
| Cadillac Coupé DeVille (1965) |
À mon tour de conclure. Après deux visionnages du film, je n’irai pas jusqu’à dire que l’automobile y occupe une place centrale – c’est bien de « Cloclo » qu’il s’agit –, mais elle y occupe une place de choix. Rarement évoquée, c’est pourtant elle qui ouvre une majorité des scènes, reliant ainsi les nombreux lieux où l’action s’établit. Elle contribue aussi à l’immersion presque palpable dans « les années Claude François », qui fait la force de ce film. Enfin, elle offre aux yeux des connaisseurs matière à contemplation ; il semble que pour Cloclo, les voitures aussi se devaient d’être « belles, belles, belles ».
Crédits photos : www.kievrus.com.
jeudi 4 décembre 2014
L'image de la semaine
jeudi 27 novembre 2014
De l'esthétique du rouge
La couleur n’a pas la cote. Un regard par la fenêtre le
suggère, les statistiques le confirment. Selon Dupont, leader mondial de la
peinture automobile, le gris, le noir et le blanc habillent 82% des véhicules
vendus sur notre territoire. Que de joie, donc, dans le paysage automobile
français. Choisi par seulement 6% des acheteurs, le rouge, dans ce grand
ciel pluvieux, fait tache. Tentons, contre vents et marées, de lui redonner un
peu d’éclat.
Le rouge, c’est d’abord Ferrari. L’association nous vient du
sport automobile. Jusqu’en 1968, date à laquelle la FIA autorisa les équipes à
recourir au sponsoring extra-sportif, les voitures alignées en compétition
devaient arborer leur couleur nationale : françaises en bleu, anglaises en
vert, allemandes en argent, et italiennes en rouge. Si la plupart des écuries ont, par la suite, délaissé leur drapeau, la Scuderia Ferrari ne laissa jamais un sponsor
imposer sa teinte. Tant que flotteraient les drapeaux à damiers, sa couleur serait le rouge, et le rouge sa couleur.
Les modèles de série, proposés à partir de 1947, ne pouvaient alors que porter
la même robe.
![]() |
| Ferrari 250 GT LWB Berlinetta (1956). Source : coolerthanbefore.tumblr.com |
![]() |
| Ferrari 308 GTS (1979). Source : www.turbo.fr |
![]() |
| Ferrari California T (2014). Source : driving.ca |
Sur les épaules de tels modèles, le rouge s’imposait comme
couleur de la performance et du luxe. On le retrouva ainsi porté par
d’autres marques prestigieuses, avec autant d’élégance.
![]() |
| Mercedes 300 SL Gullwing (1955). Source : www.sportscardigest.com |
![]() |
| Jaguar Type E série 1 (1965). Source : www.flashbackautomotivo.com |
![]() |
| Aston Martin DBS (2008). Source : www.netcarshow.com |
D’aucuns diront que le rouge fait « frime ». Dans
le cas des exemples choisis ci-dessus, je crois
que c’est un mauvais jugement. Le rouge n’est pas discret, c’est vrai. Mais ces
modèles le sont-ils ? Ne remarque-t-on pas leurs courbes et leur bruit avant
leur teinte ? S’il n’est pas indispensable, le rouge, justifié par la
filiation sportive de ces modèles d’exception, est ici plus que bienvenu. Il est comme l’uniforme venant vêtir un certain grade.
En revanche, et pour ces mêmes raisons, il sera très malvenu sur ce que l'on pourrait appeler les "fausses sportives". Je pense entre autres à la Nissan 200SX. Ici, le rouge ne vient pas signer une ligne ou des performances d'exception, mais les feindre.
![]() |
| Nissan 200SX S14 (1994-1997). Source : www.caradisiac.com |
Rouge, couleur réservée à l’élite, donc ? Il faudrait
nécessairement s’appeler Ferrari, Jaguar ou Mercedes pour que soit déroulé… le
tapis rouge ? Rassurons-nous, il existe, je crois, une seconde manière de (bien)
le porter. Voyez les clichés suivants :
![]() |
| Peugeot 504 Coupé (1975). Source : pasztorclassic.hu |
![]() |
| Citroën 2CV 6 Club |
![]() |
| Mini Cooper S (1991). Source : www.seriouswheels.com |
Nous sommes ici bien loin des performances et du luxe cités plus
haut. Pourtant, qui oserait assurer que cette couleur « ne leur va
pas » ? A regarder ces modèles, me vient un qualificatif simplet,
mais je crois éloquent : ces voitures sont mignonnes. Ici, le rouge est porté sans prétention, non comme uniforme,
mais comme vêtement fantaisiste, un peu bohème. Un rouge enthousiaste, teinté
de désinvolture, le même que celui que l’on retrouve parfois aux pieds des
hommes libres et élégants.
| Source : aparisiancyclist.blogspot.com |
C’est avec cette touche de fantaisie que nous pouvons, je
crois, faire rougir notre paysage automobile.
Les publicitaires - qui, vous l’avez remarqué, ne portent que du noir -, ont
ces dernières années initié le mouvement, en propulsant Fiat 500 et autres DS3 sur
la piste rouge. Plus récemment, Renault choisissait le rouge pour promouvoir sa
nouvelle Clio.
![]() |
| Renault Clio 4 |
Je ne sais pas si, comme dirait
l’économiste, l’offre a créé sa propre demande, mais j’ai l’impression de voir
plus de rouge, ces jours-ci. Publicitaires de tous pays, unissez-vous !
jeudi 20 novembre 2014
L'image de la semaine
jeudi 13 novembre 2014
mardi 11 novembre 2014
Que penser de la Tag Heuer Monaco ?
En
1969, Heuer, fabricant suisse, conçoit le premier modèle de chronographe
mécanique à remontage automatique. Baptisé Monaco en honneur au célèbre Grand
Prix - auquel je consacrerai un billet - , l’objet se distingue par son audace.
À une époque où la norme est davantage aux formes rondes et au cadran clair, La
Monaco - par ailleurs étanche - est habillée d’un grand boitier carré
englobant un cadran bleu, blanc, et rouge.
![]() |
| Edition 1969. Source : en.chronos24.pl |
Popularisée
par Steve McQueen, qui la porte dans son film Le Mans (1971), la Monaco s’est imposée comme montre emblématique
du sport automobile. Elle fut ainsi rééditée par Tag Heuer en différentes
versions en 1998 et 2002, puis en 2009, pour son quarantième anniversaire.
![]() |
| Edition 2009. Source : Tag Heuer |
Cette nécessaire présentation faite, j’en viens à mon
sujet : Que penser de la (Tag) Heuer Monaco ?
Les
connaisseurs l’auront remarqué, je réduis la Monaco à un modèle – ce qu’elle
était à l’origine – alors qu’elle est aujourd’hui une collection. Mais de la
même manière qu’il n’est de Porsche que de Porsche 911, il n’est - selon moi - de
Monaco que du modèle « McQueen » ; celui, donc, des photos que
j’ai choisies.
Voyons
ces mêmes photos. La Monaco, à première vue, est surprenante. Certains diront
« bizarre ». Une chose est sûre, elle ne ressemble à aucune autre
montre. Pourtant, la Monaco est - je le crois - cohérente. De par son cadran
chargé de repères et complications aux formes géométriques,
elle paraît ce qu’elle est : un instrument de bord. De par ses couleurs
vives et contrastées, elle s’inscrit parfaitement dans l’imagerie de la course
automobile, avec ses voitures aux teintes franches et ses marques emblématiques
(voyez le célèbre cliché de Steve McQueen fermant sa combinaison). J’aime d’ailleurs
beaucoup ce bleu métallique, apaisant, comme pour refroidir les chaudes aiguilles
caracolant au rythme des tours. Tout comme j’aime le bleu pétrole du bracelet,
qui donnerait presque à la Monaco l’enivrante odeur de l’essence.
La
Monaco réussit l’exploit de réunir des formes et couleurs très originales en un
ensemble qui, finalement, est harmonieux. Mais on ne saurait juger une montre
qu’au poignet. Et une fois la boucle fermée, la Monaco déçoit. Large, et
surtout très épaisse, elle ne saurait être portée par tout le monde.
Contraintes techniques ou parti-pris du fabricant ? Quoi qu’en soit
la raison, même aux poignets les plus forts, la Monaco est imposante. Trop pour un habillage déjà atypique. J’aime la provocation,
l’audace. Mais l’élégance, c’est aussi la discrétion.
Pour
conclure, une anecdote. J’étais il y a quelques semaines au rassemblement
mensuel qu’organise le club Vincennes en
Anciennes sur l’esplanade du Château – auquel je vous conseille vivement
de faire un tour. Arrive alors une superbe Jaguar Type E. À son volant, un
élégant, portant une Reverso sous un gant en
pécari.
![]() |
| Jaeger-LeCoultre Reverso. Source : www.horloger-paris.com |
Ce n’est certes pas un chronographe, et encore moins un
modèle fabriqué pour le sport automobile. Bref, une montre d’une toute autre
famille. Il n’empêche que l’image eût été moins belle si cet homme avait porté
une Monaco…
Mais, je le concède, le choix n’est pas qu’affaire de goût.
Car si comme la Monaco, la Reverso est rectangle, son prix, lui, est plus…
rond !
jeudi 6 novembre 2014
L'image de la semaine
« J'aime
l'automne, cette triste saison va bien aux souvenirs. Quand les arbres n'ont
plus de feuilles, quand le ciel conserve encore au crépuscule la teinte rousse
qui dore l'herbe fanée, il est doux de regarder s'éteindre tout ce qui naguère
brûlait encore en vous. » Flaubert.
Je vous propose aujourd'hui cette image d'un soir où l'esthétique de l'automne rencontra celle de l'auto.
![]() |
BMW 507 (1956-1959) |
À lundi !
Inscription à :
Articles (Atom)









































.jpg)






